mercredi 9 avril 2008

Mélissa, ce même vendredi d’octobre 2004.

Quel mal de tête ! ». C’est ainsi que Mélissa a récemment pris l’habitude de se réveiller : toujours très tard, à ne plus aller à la fac si ce n’est pour déjeuner avec ses copines de Dijon… et toujours cette gueule de bois qui devient de plus en plus douloureuse au fil des semaines. Elle n’arrive pas à bouger d’un pouce, une énorme fatigue la plaque au lit. Le cœur serré, Mélissa prends son courage à deux mains et parviens à se glisser hors de ses draps. Face à son lavabo, elle observe son reflet dans la glace :

_ « Olala… quelle sale gueule… je suis vraiment une merde… ». Les larmes lui montent rapidement, sa poitrine sursaute à plusieurs reprises par les sanglots. Mélissa s’assied sur le bord de la baignoire, torturée par sa tristesse et son dégoût d’elle-même. Entre deux crises de larmes, la sonnerie de son téléphone lui parvient.

Mariah avait essayé de la joindre par deux fois, et lui avait laissé un message : « Salut ma ptite fofolle, c’était juste pour te dire que tu me manques trop et que j’ai vraiment envie de te voir. On pourrait déjeuner ensemble ce midi ? On dit chez toi à 13h ? J’apporte le repas, et Claire viendra plus tard avec le dessert, vers 14h. Bisous au chocolat noir, vu qu’on va manger une glace en dessert… hummm !! A toute ! »

Quelle horreur ! Son appartement était dévasté, rempli de cartons de pizzas et de cannettes de bières. Le sol était jonché de toutes sortes de détritus, de vêtements sales, de livres et des cds. Non, Mariah ne pouvait pas débarquer ici. Mélissa sauta alors sur son téléphone, et lui envoya un SMS : « Je suis en cours. Disons 13h devant le Resto U de la fac de droit, je récupère Morgane et je vous rejoins. »

Il était déjà 12h15, juste le temps de prendre une douche et d’enfiler des vêtements propres. Une fois débarrassée de son aura de dépravée, elle consulta son agenda où étaient notés les emplois du temps de Jérémy, Mariah, Morgane et Claire. A la double page de Morgane, elle lût « de 10h30 à 13h, droit international, amphi Avicenne ». Sans plus attendre, elle prît son sac à main et tira la porte derrière elle.

Elle retrouva Morgane, toujours aussi soignée et parfaite. Elle resta quelques minutes à l’observer de loin, et parfaite était vraiment l’adjectif. Excellente élève, elle ne paraissait jamais fatiguée, que ce soit pour son travail ou pour ses amis. Elle menait sa vie de jeune femme et d’étudiante studieuse de front, et organisait son temps d’une main de maître. Très distinguée, elle dégageait une grande classe, même depuis le fond de l’amphi. Elle ne s’en rendait sûrement pas compte, mais beaucoup de garçons l’avaient remarqué, mais n’osaient pas l’aborder. Morgane faisait partie de ces filles que l’ont admire mais qui nous pousse à réfléchir à deux fois avant de lui adresser la parole. Elle était une véritable reine des glaces, magnifique mais glaciale. Sa vie impose le respect, mais développait surtout chez Mélissa un certain complexe d’infériorité. Inconsciemment, Morgane était une des causes de son mal-être.

Mélissa s’approcha mais Morgane semblait perdue dans ses pensées. Mélissa remarqua sa copie, mais n’y fît aucune allusion. Une nouvelle fois, une excellente note lui avait été attribuée, sûrement la meilleure de la promotion. Elle se contenta de la saluer chaleureusement, et allèrent déjeuner dans un fast-food, juste toutes les deux.

Après avoir annulé avoir Mariah et Claire, elles s’installèrent à une table. Morgane semblait perturbée, ennuyée comme si la présence de Mélissa la fatiguait. Elle ne fît pas même l’effort d’apprécier le fait qu’elle se soit déplacée juste pour déjeuner avec elle. Après avoir épuisé tous les sujets de conversations possibles et imaginables, Mélissa se risqua à parler de Jérémy. Grave erreur : Morgane prît littéralement la fuite, ne pouvant supporter plus longtemps sa compagnie. Se retrouvant seule, encore, elle ne savait pas quoi faire d’autre qu’attendre là, comme une idiote. Alors elle se décida à aller marcher, pour au moins avoir l’air d’avoir des choses à faire. Le temps était gris, et un épais bouillard s’était posé sur la ville. Cachée dans un gros bonnet et une épaisse écharpe qui recouvrait une bonne partie de son visage, Mélissa ne pensait à rien. Elle ne voulait pas se projeter dans un avenir aussi proche que le lendemain, ne voulait pas faire de projets pour les semaines à venir… elle n’avait pas de but, et avait la certitude de ne servir à rien, d’être tout bonnement inutile à tout le monde. Elle s’asseya sur un banc, et remarqua en face d’elle un cinéma. Elle entra, et pris une place pour le prochain film. Elle s’installa dans la salle et peu après le début de la séance, elle s’assoupi. Elle quitta la salle avant la fin du film, et rentra chez elle. Au passage, elle acheta deux packs de bières et une pizza familiale, pour sa petite fête à elle toute seule. Et comme tout les soirs, elle s’effondrera sur son canapé, avec ses bières à ses pieds et sa pizza sur les genoux. Bien sûr elle attendra le coup de fil habituel d’Adam, qui lui reprochera de ne pas être avec eux en ce moment… Et comme tout les matins, elle se lèvera avec une gueule de bois et encore plus de mépris envers elle-même, et devra se programmer une petite fête pour aller un petit peu mieux dans la journée

Morgane, un vendredi d’octobre 2004.

C’est le matin, le soleil réchauffe tendrement son visage. Ce visage à la peau blanche et parfaite avec ses grands yeux verts fermés, sous ses longs cheveux d’un noir à faire pâlir Blanche-Neige de jalousie. Morgane a une nouvelle fois passé la nuit à travailler ses cours de droits. Elle a mal à la nuque du fait de s’être endormie sur son bureau ; mais ce n’est pas le moment de traîner. Il est déjà 6h45 et son premier cours est à 8h30. Bien qu’elle ne soit qu’à une dizaine de minutes de la fac, il faut qu’elle se prépare pour être « à l’heure selon Morgane », à savoir avec une vingtaine de minutes d’avance. Mais aujourd’hui, c’est vendredi. Puisqu’elle est en retard, elle reviendra plus tard pour préparer son sac.

Voilà, il est tout juste 8h et la jolie jeune fille est enfin prête. Assise sur sa jolie chaise en cuir rouge, près de sa porte d’entrée, Morgane enfile ses petits souliers noirs. Son estomac se serre. Elle n’a eu le temps de manger autre chose qu’une barre céréalière pour dîner, mais ça ira, elle prendra un café entre deux cours et piocheras sur ses hanches l’énergie nécessaire.

La voila partie, laissant son appartement parfaitement bien rangé et nettoyé, au cas où quelqu’un viendrais lui rendre visite. C’est d’ailleurs pour cette seule et unique raison que l’on trouve chez elle sodas frais, biscuits et autres apéritifs. Morgane marche fièrement, avec une très grande assurance, comme si le monde était à ses pieds. Elle se sent voler, heureuse dans ces moments où les gens la regardent, l’envient. Elle est quelqu’un, quelqu’un de bien et de presque inaccessible. Elle entre dans cet immense amphithéâtre de droit, et s’installe au deuxième rang : le meilleur pour écouter sans se faire passer pour une fille obsédée par le travail. Elle s’installe seule, ne veut parler à personne, ne regarde personne, comme si personne ne méritait sa compagnie. Elle vit dans sa bulle, et ne laisse rien entrer dans son monde. Quel intérêt à se faire de nouveaux amis, elle en a déjà bien assez avec qui passer du temps. Passer des moments, certes très agréables, mais beaucoup trop nombreux. Elle doit souvent se coucher très tard pour rattraper le travail non fait pendant le week-end, qui s’annonçait encore bien chargé, entre les entraînements et les matchs ; sans oublier les sorties avec Mélissa, Adam et les autres.

Ce soir, Adam arrive à 22h à la gare. Demain, ils iront sûrement rendre visite à Jérémy, qui n’a pas pu aller en cours cette semaine encore. Peut être qu’elle ira le voir le surlendemain, elle ne sait pas encore si elle en aura la force… En plus, Kevin rentre ce week-end aussi. Depuis qu’il est marié avec la sœur de Mariah, on ne le voit plus. C’est vrai que tant que chirurgiens, ils ne doivent pas trop avoir de temps à consacrer à leurs petites sœurs… Non, un grand frère doit être là quand sa petite sœur à besoin de lui, quand elle est malheureuse. Et même si elle ne lui dit pas, il doit le ressentir. De toute façon, s’ils rentrent, ce n’est certainement pas pour elle, mais sûrement parce que sa jolie petite épouse doit pleurer sa petite sœur chérie laissée derrière elle. Kevin, lui, s’en moque bien de la sienne. Morgane se surprends à penser une nouvelle fois à ses amis, et se remet vite à prendre les notes du cours, que le prof semble donner de plus en plus rapidement, comme avec un malin plaisir. A l’approche de la fin du cours, le prof distribue les copies du contrôle continu, de la meilleure note à la moins bonne. A sa grande surprise, la sienne n’est que la troisième. Une fille ordinaire n’y aurait pas porté plus d’attention que ça, se serait concentrée sur sa note et en aurais tiré une grande satisfaction : 16.5, « très bon devoir ». Mais sa note lui importait peu, ce qui restait dans son esprit, c’était l’idée que non pas une mais deux personnes avaient été meilleures qu’elle. Mais ce n’est pas de la jalousie ou de l’envie que ressentait Morgane, mais bien plutôt de la colère envers elle-même. Elle se méprisait, regrettait de ne pas avoir travaillé plus, s’en voulait de ne pas être assez sévère envers elle-même.

Perdue dans ses pensées, Morgane rangeait soigneusement ses affaires dans son sac Louis Vuitton. Les larmes aux yeux, elle paraissait pourtant comme à son habitude, fière d’elle et menant une vie parfaitement idéale. Soudain, elle sentît un baiser se poser sur sa joue gauche, et des bras l’enlacer de derrière. Une fraction de seconde, elle avait eu la certitude que c’était Jérémy, mais elle fût presque effrayée quand elle se rappela rapidement qu’il était à Dijon. Surprise, elle se retourna brusquement vers cette personne qui l’avait touché, atteinte. Mais ce n’était que Mélissa. Un grand sourire aux lèvres, elle prît Morgane dans ses bras en lui criant : « Ma chérie ! Tu m’as tellement manqué ! ». Elle lui fît l’effet d’une grande aspiration après une longue et horrible apnée. Morgane due essuyer furtivement une larme dans les doux cheveux châtains de son amie d’enfance. Elle admirait tellement sa façon de croquer la vie à pleine dent, sa facilité à montrer son amour à ses proches. Elle l’aimait vraiment, du plus profond de son être, mais ne savait pas l’exprimer autant qu’elle l’aurait voulu. Elle avait besoin d’elle, c’était une évidence. Elle se sentait heureuse d’avoir la chance de la compter parmi ses amies, cette fille si formidable par sa gentillesse et son bon cœur. Sa beauté la rendait fière et envieuse en même temps, Mélissa était magnifique sans avoir à user de produits cosmétiques de luxe ou de porter de vêtement griffés Versace ou Prada.

_ « Allé ma belle, Mariah nous attend avec Claire devant le Resto U », lui dit Mélissa en lui prenant son sac.

_ « Je ne vais pas pouvoir venir, j’ai des choses à faire. ». Puisque Mélissa la regardait en attendant sa justification, alors Morgane improvisa. « Je dois passer à la B.U. pour rendre des livres et en emprunter d’autres pour le week-end. Et ensuite je prendrai un sandwich avant de retourner en cours. ». Morgane était dans un de ces mauvais jours, à broyer du noir en pensant plus qu’elle ne l’aurait voulu à Jérémy. Elle n’avait pas la force de jouer à la bonne copine, ne voulait pas être de ces filles qui polluent l’ambiance. Non, pas avec ses amies en tout cas.

_ « OK, pas de problème. Alors que Morgane voulait lui reprendre son sac, Mélissa le tira à elle. Elle sortit son téléphone portable et composa un numéro. « Allô ? Mariah ? Oui, c’est moi. Morgane et moi déjeunerons plus tard, ne nous attendez pas. Vous rentrez sur Dijon après déjeuné ? Bien, on se voit là bas demain alors… Bisou. ». Et voila, Morgane était piégée. Finalement, elle feignit d’avoir oublié ses livres, mais pu en emprunter d’autres avec la carte de Melissa.

Installée à une table du McDo, près de la fac, Morgane ne mange qu’une salade crudité avec une petite bouteille d’eau, puisqu’elle a pris un « super gros ptit dej ». Mélissa a toujours eu beaucoup d’appétit, et compense avec le sport. Elle a de magnifiques formes, pas un seul signe de graisse sur cette silhouette d’athlète.

_ « Je ne rentre pas avec Adam et toi ce soir. On m’a invité à une fête que j’avais totalement zappée et que je ne peux pas louper. On se retrouve chez toi vers midi ? dit Mélissa en fixant ses frites, évitant le regard de Morgane, comme à chaque fois qu’elle lui mentait.

_ « Ok, tu veux que je te laisse mes clefs pour ce soir ? » Morgane avait son appartement en plein centre ville, et préférait la savoir en sécurité chez elle plutôt que dans les transports de nuit. Mais Morgane parlait sans vraiment faire attention à son amie, elle pensait au week-end qui s’annonçait, à son amoureux qui lui manquait affreusement mais qu’elle craignait de voir. Cette marque de faiblesse lui brûlait le cœur et tenait son esprit en otage, elle ne cessait de se demander si elle était le genre de personne à n’aimer que dans le bonheur, si elle savait vraiment ce que c’était qu’aimer quelqu’un, et surtout si elle s’aimait elle-même. Non, elle ne pouvait pas être dans cette catégorie, elle aimait véritablement Jérémy, et le voir souffrir la peinait. Les gens qui disent ne pas pouvoir aimer du fait qu’ils ne s’aiment pas se mentent à eux même, ils n’aiment personne pour la seule et unique raison qu’ils n’aiment qu’eux seuls ; ils ont une certaine forme d’égoïsme extrême qui les pousse à n’aimer qu’à court terme, et prennent les gens comme des kleenexs. Ce qui manquait à Morgane, ce n’était qu’un peu de courage pour ne pas fondre en larmes en le voyant fatigué, et elle s’y préparait.

Après avoir passé un déjeuner plongé dans le silence ou dans les monologues de Mélissa, celle-ci lui posa la question tant redoutée :

_ « Et… comment va Jérémy ? » Morgane n’aimait pas répondre à ce genre de question, elle y était blessée gratuitement et perdait de « l’énergie émotionnelle » qu’elle préférait investir sur Jérémy. Elle tenta tout de même d’y répondre.

_ « Eh bien écoute, je pense qu’il se porte de mieux en mieux. Il va même très bien, les médecins sont très confiants. C’est un jeune homme de 19 ans, il est fort. Il a parfois des moments de blues mais il faut qu’on le soutienne peut-être plus. Il parait fatigué mais c’est normal je pense, quand je me vois moi, qui suis épuisée qu’avec les cours alors t’imagines si on m’ajoutait la chimio ? Non, franchement ça va, il va bien… »

Mélissa la regardait mentir, parler en évitant son regard, en fixant le vide comme si son discours avait été préparé et qu’elle n’y croyait elle-même pas un traître mot. Mais ce n’était peut-être pas vraiment un mensonge puisque toute deux savaient ce qu’il en était. Elles voulaient y croire et parvenaient peu à peu à se convaincre mutuellement.

_ « Je dois filer, tu me retrouves donc demain chez moi ? ». Sans attendre la réponse, Morgane enfila sa veste et s’en alla presque en courant.

Après avoir passée une après-midi à l’université, Morgane passa chez elle prendre ses bagages de la fin de semaine, et ses clefs de voiture. Elle jeta ses affaires dans le coffre de sa jolie Audi TT sport noire, déposa les clefs de son appartement dans la boite aux lettres de Mélissa. Epuisée, elle se gara sur le parking de la gare, mît son portable à sonner pour 22h et se perdit dans un mélange de pensées et de rêves.

Un homme vêtu de noir vînt la tirer de ses rêves en frappant à la fenêtre de sa voiture. Il était 22h20, et cette silhouette masculine n’était autre qu’Adam, qui avait l’air amusé de l’avoir surprise assoupie. Elle ouvrît la portière, et l’enlaça sans lui dire un mot. Elle était fatiguée de ce rythme de vie, de cette comédie, mais savait que la moindre marque de faiblesse se conclurait par une chute aux enfers. Elle sentît son parfum et eût envie de sangloter, alors elle le serra encore plus dans ses bras. Quelle idée que de porter la même eau de toilette que son meilleur ami ! Elle ferma les yeux et s’accorda quelques instants de répits dans les bras fantasmés de Jérémy. A travers des larmes cachées, elle se retira et lui sourit. Ils montèrent dans la voiture et elle démarra.

Sur le chemin, Adam racontait ses histoires de fac, chaque anecdote passée avec ses supers potes de Lyon, si gentils et tellement drôles. Il ne cessait de parler de ce Jean, avec qui il passe le plus clair de son temps et qu’il semble apprécier démesurément. Il semblait aussi apprécier une Guadeloupéenne, une jolie grande black au caractère bien trempé, Cath. Morgane se surpris à être quelque peu jalouse de lui, lui qui avait son autre vie à Lyon, qui pouvait se changer l’esprit pendant la semaine et jouer le rôle du parfait ami le week-end. Il avait une meilleure attitude vis-à-vis de Jérémy, alors que ça ne lui coûtait presque rien, alors qu’il n’y pensait pas tous les jours. Et elle était envieuse de lui, parce que Jérémy l’aimait plus qu’elle, avait plus besoin de lui que d’elle, le réclamait en permanence, lui, l’ami fidèle, l’ami de toujours. Pourquoi ne pouvait-elle pas être aimé autant que lui ? Il avait Mélissa pour meilleure amie, Jérémy pratiquement comme frère et Mariah pour quasi-épouse. Et maintenant, comme si ça ne lui suffisait pas, il nous ramenait de nouveaux supers potes si géniaux. Et elle, elle se sentait tellement seule. Elle s’en voulait de penser ça, mais surtout de le ressentir. Adam a toujours été là pour elle, pour le meilleur et pour le pire. Jérémy a été la meilleure chose qui pouvait lui arriver, il était un confident intime et un amant idéal. Mariah et Mélissa savaient comment l’aborder, la charrier, l’encourager et l’épauler. Elle avait tout pour être heureuse ici, mais n’était pas aussi forte qu’elle le voudrait.

_ « Adam, je t’aime ». Ses mots lui ont échappé, elle n’avait pas pu les retenir, ne savait même pas d’où ils lui étaient venu. Elle lui avait coupé la parole, comme si sa vie à Lyon ne l’intéressait pas du tout, alors qu’elle aimait beaucoup voir son ami heureux, ça la rendait un peu heureuse.

Adam posa sa main sur la cuisse de son amie, qui continuait à regarder la route sans s’être rendue compte qu’une larme aussi lui avait échappée. Il y eut un moment de silence, puis Adam le rompît :

_ « Je t’aime Morgane, ne doute jamais de ça. »

Peu à peu, la voiture prenait de la vitesse. Adam l’avait remarqué mais ne voulait pas agir avant que ce ne soit vraiment nécessaire.

_ « S’il ne me revient pas Adam, je ne lui survivrai pas. » Son corps commença à trembler, et les larmes se déversèrent enfin, après beaucoup trop de temps à subir ce barrage de fierté. Les sanglots laissèrent bientôt la place à une forme de colère. Elle avait les yeux fixés sur la route, et serrait le volant comme s’il voulait s’enfuir. Et la voiture allait toujours de plus en plus vite. Elle roulait sur la file de gauche en permanence, et dépassait les autres voitures comme elle passait des arbres.

_ « Ralentit Morgane, ralentit ». Adam chuchotait presque, comme si le fait qu’elle roulait à une allure de folie était un secret qui ne devait pas être entendu. Il lui mit un coup sur la jambe droite, qui eu l’effet de relâcher l’accélérateur.

_ « Range toi sur le côté, sur la bande d’arrêt d’urgence ». Morgane lui obéit. Adam descendit de la voiture et pris sa place au volant.

_ « Adam, tu n’as pas le permis, si tu te fait arrêter ? ». Elle parlait en femme fragile, apeurée. La vraie Morgane revenait parfois, dans les moments difficiles. Il ne prît pas la peine de lui répondre et se contenta de lui essuyer le visage et de lui donner un long baiser sur le front. Puis il prit la route.

Il l’a déposa chez elle, rentra ses bagages, mais garda la voiture.

_ « Mariah et Mélissa viendront te l’a rapporter demain, j’en ai besoin pour rentrer chez moi. Repose toi, on se voit demain à l’entraînement. ». Elle se contenta de lui sourire, et de lui faire un signe depuis chez elle.

Elle monta à l’étage prendre une douche bien chaude, et se mît au lit.

A quelques kilomètres de là, Adam garait la voiture sur le parking de chez lui. Il jeta un œil sur la fenêtre de la chambre de Jérémy et vît de la lumière. Il composa alors son numéro de portable.

_ « Salut ! Comment vas ? ». Adam avait pris sa voix de mec heureux, frais, anodin.

_ « Ben ça va bien, qu’est ce que vous avez foutu Morgane et toi ? Vous êtes arrivez en retard… et en plus tu conduis ? ». Jérémy paraissait fatigué, mais comme s’il venait de se réveiller et n’avait pas encore les idées claires.

_ « Hey, maintenant tu m’espionnes ? Bah, ça la faisait chier de me ramener, et vu que dans cette petite ville pourrie, y’a jamais de flics, je lui ai pris la voiture. Bref… je peux venir dormir chez toi ? »

_ « Evidemment, allé viens, je t’ouvre la porte »

Une fois chez lui, Adam monta tout doucement dans la chambre de son ami. Il vît des médicaments posés sur le bureau, mais détourna le regard, comme si c’était une chose trop privée, même pour lui. Ils se déshabillèrent et se mirent au lit. Il parla encore et toujours de ses amis de Lyon, mais cette fois, ce n’était pas un monologue. Jérémy l’écoutait vraiment, et aurait voulu pouvoir venir les rencontrer. Il était heureux de voir Adam passer de bons moments, vivre pleinement sa vie d’étudiant, que lui avait dû abandonner. Il aurait aimé pouvoir continuer sa deuxième année de médecine, mais ce n’était que partie remise.

Puis il s’endormit sans le vouloir, veiller trop tard lui était devenu impossible. Alors Adam repensa aux paroles de Morgane… « S’il ne me reviens pas, je ne lui survivrai pas. ». Il n’avait jamais pensé à une fin tragique, et la peur commençait peu à peu à le ronger. Alors, il commença à penser à la vie sans Jérémy, mais son cœur l’empêcha de pousser cette pensée trop loin, c’était trop douloureux. Dans le noir, il prit la main de son ami, et la serra fort contre lui, priant de toutes ses forces pour que cet instant soit éternel. Il se mît à pleurer parce qu’au fond de lui, la vérité commençait à se dessiner ; il le savait aussi, Jérémy n’allait pas mieux.

jeudi 27 mars 2008

Présentation

Je viens de me rendre compte que je ne suis même pas présenté... Alors je suis Adam, et je suis étudiant à Lyon III. Je viens d'une petite ville de Bourgogne, où j'ai grandis dans un ptit village, avec pour voisin deux familles merveilleuses. Mariah et Jérémy viennent chacun d'une des familles, et on peux dire qu'on se connait depuis le stade du foetus. Nos parents nous ont inscrits tout petits au hand, et nous nous sommes liés d'une très forte amitié avec d'autres personnes: Mélissa, Morgane, Mathieu, Gamin...
Voila, je vais vous raconter nos joies et nos peines, sous formes de journaux intimes. Les dates seront dans le désordres, et vous apprendrez, j'espère, à nous connaître dans différentes situations. Ayant d'ores et déja des ébauches, je vais les faire publier très prochainement.
J'attends vos commentaires avec impatience. Merci beaucoup!

1er jour

Sur les conseils d'un pote, je créé un blog où je parlerai de moi, de mes aventures à la fac et avec mes amis et ma famille. Bon lecture à tous.